Quelques lignes :                                                                       Retour

Méditation de l'amour bienveillant (47 minutes).


Il s'agit d'une longue méditation de l'amour bienveillant, dirigée aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur, au cours de laquelle nous cultivons l'intimité avec le paysage de notre cœur, le paysage du cœur. Nous ouvrons à son aptitude au soin, à l'empathie et à la guérison profonde envers nous-même et envers les autres.

L'amour bienveillant, ou metta en langue pali, est l'une des quatre pratiques fondamentales enseignées par le Bouddha. Il existe quatre demeures divines ou demeures célestes, comme on les appelle, c'est-à-dire quatre états mentaux : l'amour bienveillant, la compassion, la joie altruiste et l'équanimité. Toutes sont de rigoureuses pratiques méditatives en soi, destinées essentiellement à développer le samadhi ou « attention concentrée sur un point », d'où émergent les pouvoirs des qualités invoquées, qui transfigurent le cœur. Mais, en réalité, l'essence de ces pratiques est présente et accessible dans toutes celles que nous avons déjà évoquées. Cependant, nommer explicitement ces qualités de cœur et expliciter leur rôle dans notre pratique peut nous aider à les connaître lorsqu'elles surviennent spontanément en pleine conscience. C'est aussi un moyen d'incliner le cœur et le mental plus fréquemment dans leur direction, notamment dans les moments difficiles.

Dans la pratique ces demeures célestes, en particulier l'amour bienveillant, servent souvent très concrètement d'antidote, aussi nécessaire qu'efficace, à des états d'âme comme la fureur, qui, à l'instant où il surviennent, sont trop dévorants pour pouvoir être gérés par l'observation directe, à moins d'être un méditant très aguerri. Dans ces moments-là, la méditation de l'amour bienveillant peut pacifier notre relation aux états d'âme profondément douloureux, et nous permettre d'éviter de succomber complètement à leurs énergies. Elle les rend plus abordables, et elle les rend moins insurmontables.

Avec la pratique, l'observation directe, qui devient à elle seule l'incarnation de l'amour bienveillant et de la compassion, est capable d'étreindre tout état d'âme, aussi tourmenté et toxique soit-il. C'est en voyant et en connaissant la colère, le chagrin, ou tout autre état, cela avec une présence chaleureuse, non réactive et sans jugement, que leur nature nous apparaît. Et qu'ils s'atténuent, s'affaiblissent, s'évaporent, telle une bulle de savon frôlée du doigt ou des mots écrits sur l'eau. Ce qui émerge dans ces moments-là n'est rien d'autre que l'amour bienveillant, qui s'élève naturellement du silence prolongé, sans y avoir été invité, parce que, à aucun moment, il n'est pas déjà là.

Texte à réciter calmement de manière concentrée et présente à soi et au monde:

Que je sois à l'abri et en sécurité préservé de tout mal intérieur ou extérieur,

Que je sois heureux et satisfait,

Que je sois aussi sain et complet que possible,

Que je connaisse le confort et la douceur du bien-être.

Il est possible d'élargir de soi vers les autres, des êtres proches et aimés ; enfants, parents, amis, voisins,ou des êtres lointains avec lesquels les relations sont plus difficile voire tendues et même crispées avec lesquels nous avons eu des "mots", si telle est votre désir, mais ce n'est pas obligé, vous pouvez resté concentré sur vous en sachant que l'amour que vous vous portez retentit sur toutes les personnes et les êtres qui vous entourent.

Un enregistrement sur CDrom est disponible avec le livre ("Méditer - 108 leçons de pleine conscience"- Jon Kabat-Zinn). Le texte (plus étendu que celui-ci)  incrusté de silences qui permettent la concentration, est lu par Bernard Giraudeau.

______________________________________________________________

    – Pratiquer la méditation : un acte d'amour radical

 
          Plus je pratique la pleine conscience, plus elle me semble un choix profond et une affirmation de la vie, un acte radical en soi, au fond, un acte d'amour radical. Car c'est un acte d'amour que de s'arrêter simplement et de se livrer à son expérience, c'est-à-dire l'étreindre en conscience telle qu'elle est à tout moment, sans chercher à produire quoi que ce soit de nouveau, de « spécial », d' »important », d'agréable, pour pouvoir se sentir satisfait, complet et entier.

Car nous somme déjà entier, même si nous l'ignorons la plupart du temps et que nous convoitons frénétiquement se qui nous semble nous manquer ou devoir simplement se produire. Par la même occasion, peut-être perdons-nous contact avec ce que nous avons de plus profond et de meilleur en nous, et qui, ironiquement, peut nous apporter le bonheur et le bien-être authentiques, non pas dans un avenir rêvé, mais ici même, et à cet instant même de notre vie.

Car nous sommes entiers, peu importe les situations et les difficultés auxquelles nous sommes confrontés, et nous sommes mieux armés face à ces situations et ces difficultés si nous apprenons à habiter cette « entièreté ». C'est donc également un acte de grande sagesse que de se souvenir de notre entièreté, et de lui rendre visite, ou de l'habiter de manière régulière, et de s'exercer à le faire de manière formelle et disciplinée. Car, la plupart du temps, nous pratiquons activement le contraire, ce que l'on pourrait appeler l'absence de conscience, ou l'inconscience. Et plus nous pratiquons l'inconscience, plus nous progressons en inconscience.



C'est là qu'intervient la pleine conscience. Notre aptitude innée à la conscience est un miracle et un immense mystère. Nous habitons et utilisons la conscience chaque jour mais, en général, sans vraiment le savoir, car la plupart du temps nous sommes perdus dans notre tête, dans nos pensées, et emportés par nos émotions les plus douloureuses et troublées. Nous avons tendance à tenir notre conscience pour acquise et donc à ne pas la développer jusqu'à sa pleine expression. Pourtant, c'est en elle que reposent en réalité notre liberté et notre bien-être.

Le développement du paysage de la conscience est cet acte d'amour et de bienveillance radical dont je parle et ces méditations guidées vous offrent un certain nombre de portes d'accès à son domaine, les portes du monde sensoriel, de la vue, de l'ouïe, de l'odorat, du goût, du toucher et d'autres sens que nous ne reconnaissons généralement pas en tant que tels : la proprioception, l'interoception, et la dimension connaissante de l'esprit même, ce que nous appelons la connaissance non conceptuelle, ce qui est plus vaste que la pensée mais peut inclure les pensées et les émotions : c'est-à-dire la conscience même. L'éveil des sens, à la fois métaphorique et littéral, est une pratique qui nous enracine dans le miracle de notre corps et de notre mental, et qui nous entraîne bien au-delà des frontières conventionnelles du corps et de l'esprit.

La culture de la pleine conscience, que l'on pourrait aussi bien appeler « plein cœur », au cours de séances de pratiques formelles assise, couchée, debout ou marché, mais également dans la conduite de notre vie quotidienne, peut devenir elle-même l'aventure de toute une vie, surtout si nous sommes disposés à l'entretenir comme si notre vie en dépendant, ce qui est certainement le cas.

En définitive, l'efficacité de ces programmes de méditations guidées dépend de votre volonté de les pratiquer régulièrement. Je vous souhaite de tenir cet engagement pris envers vous-même. Il s'agit ni plus ni moins d'un acte d'amour radical, un acte d'égard pour vous-même et de respect pour votre sagesse intérieure et votre capacité de guérison profonde. Puisse votre pratique de la pleine conscience prendre racine, se développer et continuer de fleurir et de nourrir votre vie moment après moment et jour après jour

Car n'est-il pas utile et nécessaire d'habituer son coeur à inclure plutôt qu'à exclure !