Marie-Louise


J'avais sept ans et encore chenapan.

Marie-Louise arriva un jour à pieds avec sa valise pour s'occuper des enfants et des repas pendant que les parents étaient aux champs ou aux pis des vaches.

Tu avais le sourire triste, Maris-Louise.

Le docteur détecta l'objet de cette souffrance ; une épingle à nourrice cassée sous la peau de ton sein gauche. Avec son bistouri il a extrait l'aiguille malveillante souvenir de ton enfance maltraitée.

Tes dents maintenant rayonnent de joie et le frêle esquif quitta la maison pour un mari et des enfants.


Tu habitais loin, Marie-Louise, et de Fécamp tu revenais nous voir dans ta belle 203 accompagnée de ton époux et de tes filles en nombre, car tu voulais beaucoup d'enfants, comme ma maman.


Aujourd'hui, Marie-Louise tu as cent ans et moi j'ai grandi, j'ai vieilli et tu es toujours là, près de mon cœur d'enfant qui vacille encore malgré tout ce temps.