Hannah ARENDT

à lire absolument par les temps qui courent.....


Le Système Totalitaire

1951


Hannah ARENDT


Traduit de l'américain par

Jean-Loup BOURGET,

Robert DAVREU et Patrick LEVY





INTRODUCTION




I


Le manuscrit des Origines totalitarisme fut terminé à l'automne 1949, soit plus de quatre après la défaite de l'Allemagne hitlérienne, moins de quatre ans après la mort de Staline. La première édition du livre parut en 1951. Rétrospectivement, les années que j'ai passées à l'écrire, à partir de 1945, fut, apparaissent comme la première période de calme relatif qui a succédé à des décennies de tumultes de confusions et d'horreur pure et simple : révolution qui suivirent la Première guerre mondiale, essor des mouvements totalitaires et usure du régime parlementaire, puis toutes sortes de tyrannies nouvelles, fascistes et semi-fascistes, dictatures du parti unique et de l'armée, enfin établissement apparemment solide de régimes totalitaires s'appuyant sur les masses1 : en Russie, en 1929, l'année de ce qu'aujourd'hui on appelle souvent la ''seconde révolution'', et en Allemagne, en 1933.

Avec la défaite de l'Allemagne nazie, une partie de cette histoire avait trouvé sa conclusion. Pour la première fois, le moment semblait venu de considérer les événements contemporains avec le regard rétrospectif de l'historien e le zèle analytique du spécialiste des sciences politiques. C'était la première occasion d'essayer de dire et de comprendre ce qui s'était passé, mais non plus avec une horreur sans voix. C'était de toute façon, la première fois qu'il était possible d'articuler et d'élaborer les questions en compagnies desquelles ma génération avait été forcée de vivre pour la meilleure part de sa vie adulte : Qu'est-ce qui s'est passé ? Pourquoi cela s'est-il passé ? Comment cela a-t-il été possible ? En effet, de la défaite allemande qui laissait derrière elle un pays en ruine et une nation qui avait le sentiment d'en être arrivé au ''point zéro'' de son histoire avaient émergé, virtuellement intacte, des montagnes de papier, une surabondance de matériel documentaire concernant tous les aspects des douze ans qu'avait réussi à durer le Tausendjähridges Reich2 de Hitler. Les premières et généreuses sélections de cet embarras e richesses, qui aujourd'hui encore sont très loin d'être adéquatement publiées et examinées, commencèrent à apparaître en liaison avec le procès des principaux criminels de guerre ( Nuremberg 1946), douze volumes de la Conspiration et l'Agression nazies3.

Cependant, des quantités considérables de matériels nouveau, documentaire et autre, portant sur le régime nazi, étaient devenues accessibles dans les bibliothèques et les archives, lorsque en 1958 parut la deuxième édition (en livre de poche). Ce que j'appris alors était intéressant, certes, mais n'appelait pas de changements essentiels, ni dans l'analyse ni dans l'argument de ma présentation originale. Dans les notes, il parut souhaitable de remplacer et d'ajouter de nombreuses citations, et le texte fut sensiblement augmenté. Mais ces changements avaient tous un caractère technique. En 1949, on ne connaissait les documents de Nuremberg que partiellement et en traduction anglaise, et un grand nombre de livre, de pamphlets et de magazines publiés en Allemagne entre 1933 et 1945 n'avaient pas été accessibles. D'autre part, dans un certain nombre d'additions, je pris en considération certains des événements les plus importants qui suivirent la mort de Staline – la crise de succession et le discours de Khrouchtchev devant le XX° congrès du parti – ainsi que des informations nouvelles, émanant de publications récentes, sur le régime stalinien. De plus, il y avait certains aperçus d'un caractère strictement théorique, qui sont en relation étroite avec mon analyse des éléments de la domination totale, et en possession desquels je n'étais pas lorsque j'achevai le manuscrit original, qui se terminait sur de peu concluantes ''Remarques en manière de conclusion''. Le dernier chapitre de la présente édition, ''Idéologie et terreur'', a remplacé ces ''Remarques''n qui, dans la mesure où elles semblaient encore valides, ont été réparties dans d'autres chapitres. A la deuxième édition, j'avais ajouté un épilogue où je discutais brièvement l'introduction du système russe dans les pays satellites, et la révolution hongroise. Cette discussion, écrite beaucoup plus tard, avait un ton différent puisqu'elle traitait d'événements contemporains, et de nombreux détails en sont dépassés. Je l'ai maintenant éliminé, et tel est le seul changement substantiel de la présente édition par rapport à la deuxième (en livre de poche).

Il est évident que la fin de la guerre ne signifia pas la fin du régime totalitaire en Russie. Au contraire, elle fut suivie par la bolchevisation de l'Europe orientale, c'est-à-dire par l'extension du régime totalitaire, et la paix n'offrit rien de plus qu'un tournant significatif à partir duquel analyser les ressemblances et les différences des deux régimes totalitaires dans leurs méthodes et dans leurs institutions. Ce n'est pas la fin de la guerre, mais la mort de Staline huit ans plus tard, qui fut décisive ? Rétrospectivement, il semble que cette mort ne fut pas simplement suivie par une crise de succession et un ''dégel'' provisoire jusqu'à ce qu'un nouveau chef se fût affirmé, mais bien par un processus authentique quoique toujours ambigu, de libéralisation. Aussi, du point de vue des événements, n'y a-t-il pas lieu de mettre à jour cette partie de mon récit ; et notre connaissance de la période en question n'a pas changé fondamentalement pour appeler des additions et des révisions étendues. Au contraire de l'Allemagne, où Hitler utilisa consciemment ''sa'' guerre pour développer et, pour ainsi dire, parfaire le régime totalitaire, la période de la guerre, en Russie, vit se relâcher provisoirement la domination totale. Dans la perspective qui est la mienne, ce sont les années 1929-1941 et 1945-1953 qui présentent un intérêt central, et, pour ce qui les concerne, nos sources sont aussi rares et de la même nature qu'en 1958 ou même en 1949. Rien ne s'est passé, rien ne semble devoir se passer dans le futur, qui nous apporte la même conclusion sans équivoque ou le même témoignage horriblement précis et irréfutable, que dans le cas de l'Allemagne nazie.

Seule addition importante à nos connaissances, le contenu des archives de Smolensk (publiées en 1958 par Merle Fainsod) a montré à quel point la pénurie du matériel documentaire et statistique le plus élémentaire demeure l'obstacle décisif à toutes les recherches sur cette période de l'histoire de la Russie. En effet, bien que les archives (découvertes au quartier général du Parti de Smolensk par les services de renseignements allemands et plus tard saisies par les forces d'occupation américaines en Allemagne) contiennent quelque 200 000 pages de documents et soient virtuellement intactes pour la période de 1917 à 1938, c'est la quantité d'informations qu'elles ne nous fournissent pas qui est stupéfiante. Malgré ''une abondance de matière presque inclassable sur les purges'' de 1929 à 1937, elles ne contiennent aucune indication du nombre des victimes ni aucune donnée statistique d'importance vitale. Chaque fois que des chiffres sont donnés, ils sont désespérément contradictoires, les diverses organisations donnant toutes des ensembles différents, et tout ce que nous apprenons avec certitude est que beaucoup des statistiques, si tant est qu'elles existèrent jamais, furent retenues à la source par ordre du gouvernement4.D'autre part, les archives ne contiennent aucun renseignement sur les rapports entre les différentes branches de l'autorité, ''entre le parti, les militaires et le N. K. V. D.'', où entre le parti et le gouvernement, et se taisent sur les filières de communication et de commandement. En bref, nous n'apprenons rien de la structure d'organisation du régime, sur laquelle nous sommes si bien informés en ce qui concerne l'Allemagne nazie5. En d'autres termes, si l'on a toujours su que les publications soviétiques officielles avaient des fins de propagande et n'étaient nullement sûres, il apparaît maintenant que les sources sûres et le matériels statistique n'ont probablement jamais existé nulle part.

C'est une question sérieuse que de savoir si une étude du totalitarisme peut se permettre d'ignorer la révolution chinoise. Aujourd'hui encore, plus de vingt-cinq ans après l'établissement d'une dictature communiste, notre connaissance des événements passés et présents en Chine est moins assurées que celle que nous avions de la Russie dans les années 1930, d'abord parce que le pays a réussi à se protéger plus complètement des observateurs étrangers, mais surtout parce qu'il ne s'est pas trouvé de transfuge de rang élevé du parti communiste chinois pour nous venir en aide : c'est là du reste en soi un phénomène hautement significatif. Tout ce que nous savons d'une manière certaines indique des différences essentielles avec le totalitarisme. Après une phase initiale très sanglante – le nombre des victimes au cours des premières années de la dictature peut être évalué à quinze millions, soit environ trois pour cent de la population de 1949 – et après la disparition de toute opposition organisée, il n'y a pas eu accroissement de la terreur, pas de massacre d'innocents, pas de recours à la catégorie d'''ennemis objectifs'', pas de procès à grand spectacle, en dépit d'un grand nombre de confessions publiques et d'autocritiques, et même durant la ''révolution culturelle'' avec le chaos et les excès qu'elle a engendrés, pas de crimes hors du commun, rien d'une amplitude comparable aux pertes en vies humaines de la ''seconde révolution'' de Staline. Le fameux discours de Mao en 1957 ''De la juste solution des contradictions au sein du peuple'', habituellement connu sous le titre trompeur : ''Laissons fleurir les fleurs'', n'était certes pas un plaidoyer pour la liberté, mais c'était la première contribution originale et substantielle à la théorie marxiste depuis la mort de Lénine : elle reconnaissait, en fait, des contradictions non antagonistes entre les classes et surtout entre le peuple et le gouvernement sous la dictature communiste. La manière d'agir à l'égard des opposants, la ''rectification de pensée'' était une procédure élaborée de modelage et de remodelage des cerveaux, auxquels presque toute la population paraît être soumise de temps à autre. Nous n'avons jamais très bien su comment cela était pratiqué dans la vie de tous les jours, qui en était chargé et qui en était exempté, et nous n'avons pas d'indication sur les résultats du ''lavage de cerveau'' : a-t-il des résultats durables aboutissant à de sensibles modifications de la personnalité ou constitue-t-il un pur et simple rituel ? Pendant la ''révolution culturelle''caractérisée par des attaques concertées contre la hiérarchie bureaucratique en place, la pratique de la ''rectification de pensée'' fut dénoncée comme une hypocrisie à grande échelle, véritable ''terre nourricière de la contre-révolution''. En fait de terreur – car c'est bien de cela qu'il s'agit – c'est une terreur d'un genre différent ; quels qu'en soient les résultats, elle n'a pas abouti à décimer la population. L’intérêt national, le bien-être du peuple tout entier, est resté le critère décisif dans les affaires intérieures comme dans les affaires étrangères : c'est ce qui a permis au pays, sans aucune aide extérieure, de se développer dans la paix et d'éviter le retour de désastres comme la famine et les inondations auxquelles il était autrefois sous comme les autres pays asiatiques ; on a eu recours avec succès à la compétence des descendants de l'ancienne classe dirigeante, ce qui paraît avoir permis de maintenir le niveau universitaire et professionnel, malgré les désordres de la révolution culturelle. Certains traits totalitaires de la politique étrangère chinoise, comme l'insistance à réhabiliter Staline et à dénoncer comme des déviations ''révisionnistes'' les efforts russes sous Khrouchtchev pour remettre en cause le totalitarisme, le noyautage des mouvements révolutionnaires étrangers par des agents chinois et la reconstitution du Komintern sous la direction de Pékin, tout cela constituait des signes inquiétants mais paraît avoir été abandonné au cours des dernières années. En tout cas, il a toujours été clair que la ''pensée'' de Mao Tsé-toung ne s'est pas développée selon les voies tracées par Staline (ou par Hitler, en l'occurrence), qu'il est profondément un révolutionnaire et non un assassin. Tout cela semble contredire certaines inquiétudes exprimées dans ce livre et justifier l'omission de la dictature chinoise dans l'examen du phénomène de domination totale.

Cependant, la difficulté la plus grave qui s'est développée de notre coté pour un examen sérieux de ces questions paraît sur le point de disparaître. Car la ''contre-idéologie'' officielle héritée de la guerre froide, l'anticommunisme, qui tendait elle aussi à devenir ''internationale comme organisation, visant à tout embrasser dans sa perspective idéologique, et globale dans sa visée politique'', ne facilitait pas les choses en matière de théorie et de pratique politiques. Elle nous amenait à construire notre propre fiction, si bien que nous nous refusions à distinguer les différents types de dictatures communistes à parti unique, auxquels nous étions confrontés dans le monde réel, du véritable régime totalitaire. L'essentiel, bien sûr, n'est pas que la Chine communiste soit différente de la Russie communiste, ni que la Russie de Staline fût différente de l'Allemagne de Hitler. L'ivrognerie et l'incompétence, qui occupent une part si importante das toute description de la Russie dans les années 1920 et 1930 et qui sont répandues aujourd'hui encore, ne jouèrent absolument aucun rôle dans l'histoire de l'Allemagne nazie. Inversement, l'innombrable cruauté gratuite des camps de concentration et d'extermination allemands semble avoir été l'exception dans les camps russes, où les prisonniers périrent à cause de la négligence plus que de la torture. La corruption, péché originel de l'administration russe, exista aussi pendant les dernières années du régime nazi mais, apparemment est restée inconnue de la Chine, après la révolution. On pourrait multiplier les différences de ce genre ; elles sont hautement significatives et font partie intégrante de l'histoire nationale des pays respectifs, mais elles n'ont pas d'incidence directe sur la forme du régime. Sans aucun doute, la monarchie absolue fut chose très différente en Espagne, en France, en Angleterre, en Prusse ; pourtant elle fut partout la même forme de régime. Dans notre contexte, le point décisif est que le régime totalitaire diffère des dictatures et des tyrannies ; de distinguer entre celui-là et celles-ci n'est nullement un point d'érudition qu'on pourrait tranquillement abandonner aux ''théoriciens'', car la domination totale est la seule forme de régime avec laquelle la coexistence ne soit pas possible.

Aussi avons-nous toutes les raisons d'utiliser le mot ''totalitaire'' avec parcimonie et prudence. D'autre part, nous avons toutes les raisons d'être fort inquiets. Nous assistons maintenant en Chine à la première purge de parti à l'échelle nationale et à des menaces de massacres non voilées. Si ces menaces étaient réalisées, il se pourrait bien qu'elles créent ces mêmes conditions que nous connaissons si bien par la Russie stalinienne. Nous ne connaissons pas les causes de ce brusque développement, ''dont on dit qu'il a surpris même les plus expérimentés des fonctionnaires chinois'' (Max Frankel, dans le New York Times du 26 juin 1966), nous ne savons pas s'il est le dénouement, et d'une lutte de succession soigneusement cachée, ou la suite des récents désastres chinois dans les relations internationales. Mais les dénonciations hystériques d'une ''contre-révolution bourgeoise'' qui n'existe évidemment pas, prétendument aidée et encouragée par des ''révisionnistes'' à l'intérieur du parti, et par des ''serpents à sonnettes'' et des ''herbes vénéneuses'' parmi les intellectuels, pourraient aisément introduire ce même changement de régime qui, telle une ''seconde révolution'', abolit la dictature de Lénine pour établir le règne totalitaire de Staline. Quoi qu'il en soit, de telles observations ne sont encore que pures spéculations, et le fait demeure que la Chine est encore moins connue que la Russie ne l'était pendant sa pire période. Il serait présomptueux même d'ébaucher une analyse de sa forme de régime actuelle, ne serait-ce que parce que cette forme n'a pas encore été établie.

Contraste saisissant avec la rareté et l'incertitude des novelles sources de renseignements, nous voyons depuis quinze ans proliférer les études de toutes le variétés de dictatures nouvelles, qu'elles soient totalitaires ou non. C'est, bien entendu, particulièrement vrai de l'Allemagne nazie et de la Russie soviétique. Il existe maintenant de nombreux ouvrages qui sont absolument indispensables à toute recherche ultérieure sur le sujet, et j'ai fait de mon mieux pour compléter mon ancienne bibliographie en conséquence. (La deuxième édition ne comportait pas de bibliographie.) La seule littérature qu'à quelques exceptions près, j'ai délibérément écartée, consiste dans les nombreux mémoires publiés par d'anciens généraux et hauts fonctionnaires nazis après la fin de la guerre. Que ce genre d'apologétique ne brille pas par l'honnêteté, c'est bien compréhensible, et ce n'est pas ce qui nous interdit de le prendre en considération. Mais ces réminiscences manifestent à une degré stupéfiant une absence de compréhension de ce qui s'est réellement passé et du rôle que jouèrent les auteurs eux-mêmes dans le cours des événements, ce qui les prive de tout intérêt autre que psychologique.


II


En ce qui concerne les preuves, la date à laquelle e livre a été conçu et écrit n'a pas constitué un obstacle aussi grand qu'on aurait pu raisonnablement le penser, et la chose est vraie des deux variétés de totalitarisme, nazie et bolchevique. C'est une des étrangetés de la littérature sur le totalitarisme, que les toutes premières tentatives des contemporains pour écrire l'histoire de celui-ci, qui, selon toutes les règles scientifiques étaient destinées à s'effondrer faute de sources irréprochables et par excès d'engagement émotionnel, ont remarquablement bien résisté à l'épreuve du temps. La biographie de Hitler par Konrad Heiden et celle de Staline par Boris Souvarine, toutes deux écrites et publiées dans les années 1930, sont à tous égards plus importantes que les biographies classiques, par Alan Bullock et Isaac Deutscher respectivement. Il y a sans doute beaucoup de raisons à cela, mais l'une d'elles est certainement le simple fait que les documents, dans les deux cas, ont tendu à confirmer et à compléter ce que l'on avait toujours su par les ''déserteurs'' haut placés et autres témoins oculaires.

1Le fait que le régime totalitaire, malgré l'évidence de ses crimes, s'appuie sur les masses, est profondément troublant. Aussi n'est-il guère surprenant de voir spécialistes et hommes d’État souvent refuser de reconnaître un tel fait. Les premiers croient aux vertus magiques de la propagande et du lavage de cerveau, les seconds, par exemple Adenauer à maintes reprises, en nient simplement l'existence. Une publication récente de rapports secrets sur l'opinion publique en Allemagne pendant la guerre (de 1939 à 1944), émanant du service de sécurité des S.S. (Meldungen aus dem Reich . Auswahl aus den geheimen Lageberichten des Sicherheitsdienstes der S.S. 1939-1944, présenté par Heinz Boberach, Neuwied et Berlin, 1965) est très instructive à cet égard. Elle montre d'abord que la population était remarquablement bien informée de tous les prétendus secrets (massacres de juifs en Pologne, préparation de l'attaque contre la Russie etc.), et ensuite, ''dans quelle mesure les victimes de la propagandes étaient restées capables de former des opinions indépendante'' (p. XVIII-XIX). Quoi qu'il en soit, l'important est que cela n'ait nullement affaibli le soutien général dont bénéficiait le régime hitlérien. Il est bien évident que le soutien apporté au totalitarisme par les masses ne s'explique ni par l'ignorance ni par le lavage de cerveau.

2Adolf Hitler wollte ein Tausendjähriges Reich schaffen, aber bereits nach 12 Jahren lag Deutschland in Schutt und Asche -

Adolphe Hitler voulait créer un Reich qui durerait mille ans; après 12 ans seulement, l'Allemagne était réduite. (Selon le dictionnaire en ligne Linguee).NdC

3Dès le début, la recherche et la publication du matériel documentaire ont été liées à l'investigation des activités criminelles, et la sélection a généralement été faite dans le but de poursuivre les criminels de guerre. Par conséquent, on a négligé une grande quantité de matière hautement intéressante. Le livre mentionné à la note 1 est une très heureuse exception à cette règle.

4Voir Merle Fainsod, Smolensk sous la domination soviétique, Cambridge, 1958, p. 210, 306, 365, etc. [traduction française : Smolensk à l'heure de Staline, Fayard, 1967 (Note de l'éditeur)].

5Ibid., p. 76, 93.